Genesis Morocco: Projet éolien ONEE, Le match entre dans le money time


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Genesis Morocco

Project Genesis is a strategic sustainable development framework for Morocco to translate from being a net importer of energy and a country facing water shortage issues, into the number one producer both of clean renewable energy and water in the region.

Monday, May 26, 2014    <<Home

Projet éolien ONEE, Le match entre dans le money time

L’offre technique remise le 20 juin, la proposition commerciale, le 22 août
 

Un marché colossal: 1 milliard d’euros, 850 MW à réaliser
 

L’offre du prix du kWh et l’intégration locale seront décisives

Le gigantesque marché pour la réalisation en production privée d’électricité d’un réseau de 5 parcs éoliens de puissance installée de 850 mégawatts fait l’objet d’une lutte d’une intensité sans précédent entre les cinq groupements en lice: GDF Suez/Vestas, Nareva/Taqa/Enel Green Power/Siemens, Acwa Power/Gamesa Eolica/Gamesa Energia, EDF Energies Nouvelles/Alstom/Mitsui et Acciona Wind Power/Acciona Energia et Al Ajial Funds.

L’enjeu est de taille: le marché est évalué à 850 millions d’euros, «en réalité un milliard d’euros (près de 11,5 milliards de dirhams) en comptant le coût du financement et des éoliennes», corrige un expert des questions énergétiques. A Casablanca où sont basées les structures chargées du suivi de l’appel d’offres, la pression est à son comble dans les équipes car les offres techniques doivent être remises à l’ONEE le 20 juin. Les journées de travail se rallongent car chaque détail doit être minutieusement travaillé. C’est juste une première étape. Reste la phase cruciale où il ne faut pas se louper, l’offre commerciale à transmettre le 22 août 2014 et qui pourrait faire la différence dans le «money time». Le tarif de rachat d’électricité, en DH/kWh, proposé par chaque groupement et l’offre d’intégration industrielle seront décisifs, confie un consultant. La pondération du tarif dans le score final d’évaluation des offres est fixée à 85%!

Mais ce qui donne du fil à retordre aujourd’hui aux soumissionnaires à ce projet est le taux d’intégration industrielle exigé par l’ONEE, fixé à 55%. Reste aussi à trouver localement des entreprises capables de réaliser les travaux ou des prestations complexes qu’exige un marché d’une telle taille. Pour l’équipement, les opérateurs estiment que la partie la plus compliquée sera probablement la fabrication des pales des éoliennes (la pale reste un composant assez technologique des turbines éoliennes). Le risque de se retrouver dans le schéma de Renault est réel. Faute de capacités locales, le calendrier relatif l’intégration industrielle prévu dans la convention avec l’Etat s’est avéré inopérant.

Sur le plan technique, les cinq concurrents ont tous des arguments à faire valoir. La compétition sera âpre jusqu’au bout puisqu’il n’y a pas de favori qui se dégage très nettement. Les consortiums emmenés respectivement par les chefs de file Nareva, GDF Suez, EDF et Acwa ont tous des références. Nareva a déjà construit 200 MW éoliens dans le cadre de la loi 13.09 et est partenaire de GDF Suez sur les projets de Tarfaya (300 MW, plus grand parc éolien d’Afrique en construction) et de Safi (centrale thermique). EDF a remporté l’appel d’offres de Taza (150 MW) en février 2012 et Acwa construit la centrale solaire de Noor 1 à Ouarzazate.

Pour les turbiniers internationaux présents aux côtés des opérateurs dans chaque groupement, l’enjeu est tout aussi important vu la taille du marché: 850 mégawatts à installer auxquels il faudra ajouter 200 autres qui concernent l’extension du parc de Koudia Al Baida et que l’ONEE peut décider à tout moment. Le jackpot est donc de 1.050 mégawatts et sera attribué en un seul lot au groupement qui l’emportera au terme de ce marathon. D’où la bataille dans la bataille, moins visible mais tout aussi acharnée, que se livrent actuellement les grands équipementiers mondiaux sur cet appel d’offres. Le danois Vestas, allié à GDF-Suez, règne sur le marché mondial de l’équipement de l’éolien. Près d’une turbine sur cinq du parc mondial est estampillée Vestas. Siemens est partenaire du consortium piloté par le marocain Nareva. Le groupe allemand n’est plus à présenter, c’est un poids lourd dans l’énergie en général, et dans l’éolien en particulier. Les deux grands turbiniers espagnols sont en embuscade: Gamesa Eolica dans le groupement conduit par Acwa Power et Acciona Energia figure naturellement dans le groupement conduit par sa «sœur», Acciona Wind Power. Alstom ne pouvait ne pas se mêler à la bagarre. Le groupe français, dont le pôle «Energie» est convoité par General Electric et Siemens, est adossé au consortium piloté par EDF Energies Nouvelles.

Dans le match qui se joue entre équipementiers, plusieurs analystes estiment qu’il pourrait y avoir des rebondissements. Les spéculations portent notamment sur le cas Alstom au regard des manœuvres actuelles sur la cession de son pôle Energie. D’ici fin juin, l’on saura qui de General Electric (GE) ou de Siemens reprendra cette branche du groupe français. Deux hypothèses alimentent les discussions dans le petit monde des professionnels: si Siemens l’emporte, se poserait alors la question du maintien d’Alstom dans la course puisque Siemens est déjà positionné comme le turbinier dans un autre consortium (celui conduit par EDF Energies Nouvelles).  Dans l’hypothèse où ce serait GE, il se raconte que le groupe américain pourrait jeter l’éponge comme il l’avait déjà fait après la phase de préqualification en 2012. Si à ce stade il n’y a aucune certitude, la question reste ouverte, affirme un expert.

Source: leconomiste.com

Genesis Morocco, Renewable Energies in Morocco and MENA : http://genesismorocco.blogspot.com